The Umbrella Academy, les super-héros de la déprime

Que dire de la nouvelle série phare de Netflix ? La plateforme enchaîne les sorties en ce début d’année, d’abord avec Sex Education, qui connait un succès monstre, puis Russian Dolls et The Umbrella Academy. Côté film, on peut également noter Velvet Buzzsaw qui malheureusement semble être loin d’avoir conquis la foule. Plein de sorties, plein d’atmosphères différentes sur lesquelles Netflix essaie de miser, quid de The Umbrella Academy, donc, qui s’attaque à la série de super-héros ? 


Diffusée depuis le 15 février sur la plateforme Netflix, la série, produite et dirigée par Steve Blackman, est une adaptation de la série de comics créée par Gerard Way, publiée chez Dark Horse Comics. Ce comics tient en plusieurs volumes, et au vu de la construction de la première saison de son adaptation, il est fort probable que Netflix en annonce une seconde dans les jours qui viennent. Petit disclaimer nécessaire : cette critique sera absente de tous spoilers, mais aussi de toutes comparaisons aux comics originaux. Alors, qu’est-ce-que ça vaut ?

Trop de subtilité tue la subtilité

The Umbrella Academy, c’est le nom du domaine où Sir Reginald Hargreeves recueille sept enfants, réunis pour la même raison : ils sont sept des quarante-trois bébés tous nés à la même heure, le même jour, de mères qui n’étaient pas enceintes au début de la journée. Et ils ont tous des super pouvoirs. Sir Hargreeves prend à cœur de les entraîner, de pousser leur spécialité au maximum, toujours dans l’objectif de les préparer au pire. Pour les enfants, ce pire n’est qu’un fantasme de leur gardien, et l’extrémisme des leçons de ce dernier finit par faire exploser le groupe. Des années plus tard, la plupart des sept ne se parlent plus et tous cherchent à ne plus jamais mettre les pieds à l’Académie. Seulement, quand Sir Hargreeves décède, tous se voient retourner dans ce lieu fatidique. Multiples événements, retournements de situations, sauts dans le temps et batailles armées en découleront. 

S’il y a quelque chose à reprocher d’emblée à The Umbrella Academy, c’est peut-être son rythme. L’entrée en matière est assez longue, la série prend le temps (beaucoup de temps) de poser les personnages, leurs spécificités, en insistants parfois trop lourdement sur chacune de leurs caractéristiques. Mais, finalement, pourquoi pas ? Ce n’est pas parce que c’est une histoire de super-héros que le scénario ne doit pas prendre le temps de se construire. Seulement, quand de lourds plans de caméras viennent insister sur des détails futiles et que le lecteur voit son crâne être bourré de toutes ces « subtilités », cela fait un peu grimacer et cette bonne volonté “d’humaniser” les héros est finalement presque écrasée. 

Le casting

On peut aussi noter un jeu d’acteur un peu trébuchant, certains ont du mal à nous faire croire à leurs grandes émotions. Cependant, les fragilités du début semblent s’effacer alors que le scénario prend en profondeur. Mention spéciale pour Robert Sheehan, qui demeure probablement un des personnages de séries favoris depuis son Nathan dans Misfits et qui semble prendre plaisir à endosser à nouveau le rôle du loufoque de service, avant de gagner peu à peu de nouvelles facettes. C’est toujours un plaisir de le voir à l’écran. On notera aussi le jeu assez intéressant de l’adolescent Aidan Gallagher, qui rend assez bien le vieil homme coincé dans un corps beaucoup trop jeune pour lui, avec un jeu composé de maniérismes associés aux adultes et d’un ton de voix bien adapté. En réalité, la plupart des personnages deviennent attachants alors que la série se développe et que les backstories leur donnent plus de profondeur. Aussi, même sans être convaincus par tous les acteurs, l’ensemble général, ou l’effet de groupe peut-être, permet de relever le niveau de sorte à offrir un rendu plutôt agréable

Un univers travaillé

L’histoire en elle-même demeure assez intéressante, avec plusieurs arcs, certains mieux développés que d’autres, mais qui dans l’ensemble rendent le visionnage sympathique. On notera par exemple celui des deux assassins, Chacha et Hazel qui prend de plus en plus d’importance dans la trame. Malheureusement, on pourra finalement reprocher la même chose à cet arc qu’au reste : tout est assez attendu et convenu. Il y a bien plusieurs retournements de situations qui sont assez intéressants, mais au final, l’histoire est allée exactement où on l’attendait. Les explications aux mystères sont logiquement devinables et c’est assez dommage pour un univers où l’on joue avec le temps et les pouvoirs. 

Si de nombreux petits détails, cumulés, parviennent à agacer un peu lorsque l’on regarde la série, cela n’empêche pas de dévorer les dix épisodes. Visuellement, The Umbrella Academy est extrêmement plaisante, que ce soit dans sa CGI ou son jeu de couleur. Musicalement, c’est également un moment de bonheur. La bande-son de la série est un plaisir auditif, qui propose des scènes rythmées, très bien ajustées – la scène du bowling, par exemple, est très appréciée. Bien qu’un peu traînante, la série parvient cependant à équilibrer les doses de comique et dramatique nécessaires à chaque scène. De ce point de vue, le spectateur ne se sent quasiment jamais plongé dans un trop-plein d’émotions tire-larmes, ce qui est vraiment à souligner pour une série américaine. 

La série cherche à démontrer les méfaits qu’engendrent la puissance et les super pouvoirs, chez les héros qui les possèdent. La situation propre à chacun des sept enfants a eu sur eux un impact indéniablement violent qui les a bouleversés psychologiquement. Attention donc : ce sont surtout des super-héros de la déprime !  Pour ceux qui préfèrent les super-héros qui se bastonnent, pas d’inquiétudes, The Umbrella Academy offre également de belles scènes de combats, pleines de sadisme, pour satisfaire chacun !


Pour conclure, The Umbrella Academy, n’est pas le coup de cœur de l’année, pas la pire daube créée : un juste milieu de personnages attachants, d’autres un peu moins, d’intrigues fascinantes, d’autres plutôt ratées. Bref, ça se regarde. On attend même de voir où la saison 2 nous emportera… si saison 2 il y a !

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