Solo a Star Wars Story : une épopée réussie

Seulement quatre mois après la sortie de « The Last Jedi », l’univers intergalactique de George Lucas est déjà de retour au cinéma pour nous raconter la jeunesse du contrebandier Han Solo. Malgré un tournage très mouvementé, le film sort cette semaine face à un public méfiant. Solo est-il le naufrage annoncé ? Accrochez-vous, voici notre critique en vitesse lumière.


À l’instar de Rogue One (2016), Solo : A Star Wars Story est un épisode hors-série qui met les Jedi de côté pour se concentrer sur des personnages secondaires au temps du sinistre Empire Galactique. Il met en scène Han Solo, le plus célèbre anti-héros du cinéma de science fiction. Interprété par Harrison Ford dans La Guerre Des Étoiles de 1977 jusqu’au Réveil de la Force en 2015, le personnage est ici incarné par Alden Ehrenreich. Ce contrebandier intergalactique converti en général de la rébellion a su marquer plusieurs générations avec sa gueule de gentil voyou et ses joutes verbales cultes :

« Piloter un engin dans l’hyperespace c’est autre chose qu’une moissonneuse batteuse ! »

Après que Lucasfilm ait raconté les origines de Dark Vador dans la prélogie puis celles de la rébellion dans Rogue One, il semblait naturel de voir la jeunesse de notre vaurien préféré au cinéma.

C’est donc chose faites avec Solo, réalisé en partie par Phil Lord et Chris Miller (La Grande Aventure Lego), puis par Ron Howard (Willow, Da Vinci Code) après le renvoi du duo pour des « différends artistiques ». Ce remplacement intervenu 11 mois avant la sortie en salles pouvait présager une catastrophe, d’autant que le précédent Star Wars avait fortement déçu et que voir un nouvel acteur prendre la place de Harrison Ford semblait impossible. C’est donc avec beaucoup de craintes que le grand fan que je suis vit ce film. Mais je vous l’annonce directement, le naufrage n’a pas eu lieu !

Solo s’ouvre sur une introduction à 100 à l’heure qui donne immédiatement le ton du film : action rythmée, humour bien dosé et fidélité envers l’esprit Star Wars. On découvre un Han de 19 ans poursuivi par la pègre de sa planète natale Corellia. Éperdument amoureux de Qi’ra (Emilia Clarke) le jeune malandrin tente alors de se faire la malle avec sa petite amie. Les péripéties s’enchaînent ensuite à vitesse folle dans un schéma calqué sur les premiers épisodes de la saga : un petit groupe de héros continuellement en conflit interne et toujours embourbés dans des situations désespérées, le tout dans une atmosphère rappelant les westerns et les vieux films de braquage. Le scénario, signé par le vétéran de Lucasfilm Lawrence Kasdan, aborde des thématiques puissantes (l’émancipation, la révolte contre l’oppression) qui apportent une charge émotionnelle aux personnages mais qui auraient gagnées à être exploitées plus profondément. Cela est tout à fait classique mais le grand public pourra s’en contenter pour ce blockbuster sans prétention qui mise énormément sur la nostalgie. Pensé pour caresser les fans dans le sens du poil, on retrouve ainsi des passages obligés comme la rencontre avec Chewbacca, la découverte du Faucon Millenium ainsi que des scènes mentionnées dans des simples répliques des anciens épisodes

Alden Ehrenreich réussit le pari de ressusciter la figure de Han Solo malgré un déficit de charisme flagrant par rapport à Harrisson Ford. Les personnages secondaires sont une belle bande de zigotos galactiques, du mentor Beckett (Woody Harrelson) jusqu’au très swag Lando (Donald Glover) en passant par le très surprenant antagoniste Enfys Nest. Les visuels sont un régal pour les yeux avec ces sublimes décors, costumes et créatures parfaitement dans la tradition space opéra à l’ancienne de la saga Star Wars. Je regrette cependant cette photographie étonnement sombre par moments, donnant une bouillie d’images grisâtres. On pardonnera ce faux-pas grâce aux quelques apparitions surprises spécialement préparées pour les connaisseurs.

Ce tourbillon d’émotions plaira assurément aux vieux fans comme moi, qui ne verront pas le temps passer et seront même un poil frustrés de la fin qui arrive assez tôt. Car contrairement à Rogue One, cet opus mise sur un final ouvert qui laisse présager d’une suite ou d’un autre spin-off lié scénaristiquement.


En conclusion, Solo est un bon et surprenant divertissement populaire qui parvient à se hisser dans le haut du panier des produits dérivés de la saga originale Star Wars. À quand la suite ?

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