Rencontre avec Macha Milliard, directrice du Festival Univerciné Russe

Ce mardi 26 février, le Festival Univerciné Russe ouvre ses portes au Katorza pour 6 jours de découverte au pays des tsars. Pour parler de cette nouvelle édition, rencontre avec la directrice du festival, Macha Milliard.


Sophia : Le thème de cette année est la surprise, c’est un thème qui s’est imposé de lui-même au vu de la programmation ? A quelles nouveautés pouvons-nous nous attendre pour cette édition 2019 ?

Macha : Oui, on choisit les films qui nous plaisent et il y a souvent quelque chose qui se dégage au bout du compte ! Effectivement, cette année c’est la folie, le rêve qui revient le plus souvent, avec la mort et la violence. Ce qui est nouveau cette année, c’est que l’on a beaucoup d’invités. Autrement, vous retrouverez les rubriques classiques : on a une séance de courts-métrages, deux films classiques de patrimoine, deux films jeunes publics, un documentaire. On a respecté la tradition ! Ah, une nouveauté : la séance de courts-métrages est gratuite cette année.

S : Il y a aussi des séances hors les murs cette année ?

M : On a deux délocalisations, mais la forme est un peu nouvelle, surtout pour l’une d’entre elles. Nous avons une délocalisation près de Pornic, à Sainte-Marie-sur-Mer au Cinéma Saint Joseph, qui est un cinéma associatif. C’est la troisième ou quatrième année qu’il y a cette délocalisation, ils font toujours ça en même temps que nous, en essayant de faire venir un invité. On a également une autre délocalisation à Acigné, au cinéma Le Foyer. Là, ils font un festival russe depuis quelques années, mais c’est la première fois qu’il se passe en même temps que nous. C’est quelque chose qui est sans doute amené à se développer ! On cherche d’autres délocalisations, on a des tentatives avec Angers, avec La Roche-Sur-Yon…

La Glace

S : En ce qui concerne la programmation des films en compétition, j’ai remarqué une référence aux cultures populaires et rurales. Est-ce un thème que le cinéma russe aime interroger ?

M : C’est quelque chose qui revient dans plusieurs films effectivement, même si je pense que les films en compétition sont très différents les uns des autres. Il y a des points communs, autour de la province plus que de la ruralité. A bon chat bon rat se passe dans une petite ville de Russie, Les Hirondelles mortes en pleine forêt… Mais je pense qu’ils sont très différents de par leur ton : l’un est presque un film d’épouvante, La Glace est une comédie romantique grand public, A bon chat bon rat est très grinçant, à la fois drôle et noir, Les Vacances du président est une comédie satirique. C’est vrai qu’on a souvent la province et la campagne dans le cinéma russe, c’est sans doute une spécificité par rapport à d’autres cinématographies.

S : Concernant les autres films du festival, quels sont pour vous les temps forts ou les films que vous recommanderiez tout particulièrement ?

M : Tous, bien sûr ! Il y a deux avant-premières qui sont deux films où l’on retrouve une ambiance assez sombre, dans des petites villes : L’Homme qui a surpris tout le monde et Jump. Ce sont à mon sens des films très fort et très marquants. Ce sont des films qui ne sont pas spécialement très joyeux, mais ils ne sont pas désespérants non plus, il y a des lueurs d’espoir dans une société noire… Ce sont des films qui vont faire date ! Autrement, j’aime beaucoup le film d’ouverture, La Carpe Dégivrée, une comédie plus légère et davantage dans la tradition des comédies soviétiques : on retrouve un peu de dérision et en même temps beaucoup de tendresse pour les personnages.

S : Comment vous y prenez-vous pour choisir les films d’ouverture et de clôture ?

: C’est toujours une grande question, jusqu’à la dernière minute on se demande si on a bien choisi ! On cherche à ce que ce soient des films qui puissent plaire à un large public, car d’autres sont peut-être un peu plus spécifiques. Il faut que ce soit des films marquants et qui présentent une note positive, pour ne pas finir sur une note trop sombre. Même si la morale du film de clôture, Histoire d’une promotion, n’est pas si légère que ça ! Ensuite, des considérations pratiques rentrent en jeu : pour l’ouverture, on cherche à ce qu’il y est un invité. Et au contraire, pour la clôture on cherche à ce qu’il n’y est pas d’invités pour laisser le temps aux remises des prix.

A bon chat bon rat

S : Pour finir sur le thème de cette édition qui est la surprise et le rêve quels rêves avez-vous pour le futur du festival Univerciné Russe ?

M : Qu’il continue à faire dialoguer les cultures, quelle que soit la conjoncture internationale ! C’est toujours un vrai plaisir de voir ces artistes qui viennent nous présenter leurs films, qui sont ravis du public que rassemblent leurs films, de la discussion que ça peut engendrer… Le rêve, c’est donc que tout cela continue et que l’on soit de plus en plus connu en Russie et en France pour que ces dialogues prennent de l’ampleur !


Retrouvez toute la programmation sur le site du festival

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