Rencontre avec l’équipe de l’ASNIFF 2018 !

C’est désormais un rendez-vous immanquable : depuis 10 ans l’ASNIFF (Absurde Séance Nantes International Film Festival) s’installe confortablement entre les murs du Katorza pour proposer le meilleur du cinéma déviant ! Et alors que la 10e édition s’approche à grands pas (le rendez-vous est donné du 2 au 7 octobre) nous sommes allés à la rencontre de la joyeuse équipe de l’Absurde Séance qui fait vivre la culture nanardesque à Nantes depuis le début des années 2000. Une interview pleine de tripailles qui devrait vous donner envie d’aller frotter vos fesses sur les sièges du Katorza !


Cinérama : Parlons-bien, parlons de cette édition 2018 ! Cette une année spéciale puisque l’ASNIFF fête ses 10 ans ! Un petit mot ou une pensée émue pour résumer toutes ces années d’Absurde Séance ? 

Asniff : D’abord une pensée émue pour toutes les heures de travail. Ensuite, une pensée émue pour Luigi Cozzi (réalisateur star de Starcrash : le choc des étoiles, qui viendra tout droit d’Italie pour l’édition 2018) ça fait des années qu’on essaye de le faire venir ! C’était assez compliqué parce qu’il est très occupé, il tourne des films ou est sur d’autres projets et là enfin, on arrive à maturation ! C’est plutôt bien, c’est l’aboutissement de longs coups de fils pour l’Italie, on est allé le voir sur place donc c’est beaucoup d’investissement personnel ! Pensées émues également pour les longues heures passées à diffuser les programmes, on y a usé quelques paires de chaussures ! Et au bout de tout ce temps, on fête désormais les 10 ans de l’ASNIFF et les 18 ans de l’Absurde Séance !

C : Après toutes ces années, une grande communauté nantaise (et plus!) s’est formée autour de l’Absurde Séance, est-ce ça met la pression de soutenir une structure comme l’Absurde Séance ? 

A : L’avantage c’est qu’on a un public assez franc du collier, il y a tout un noyau de gens qui viennent depuis des années et puis il y a des gens qui sont tout neuf. On découvre des nouvelles têtes tous les ans notamment avec les nouvelles promotions d’étudiants ! Donc les habitués nous donnent toujours leurs impressions à la fin du film ! Quand ils aiment un film ils nous demandent souvent ou est-ce qu’on a été chercher un film pareil et ça fait très plaisir !

Perfect Skin

C : Alors du coup où est-ce qu’on va chercher des pépites comme celles projetées à l’Absurde Séance ?

A : C’est du boulot, c’est des heures passées à s’éclater les yeux devant des écrans ! On fait des festivals, cette année on est allé au Festival de Cannes donc ça aide un peu. On suit aussi certains réalisateurs qui ont réalisé des films qu’on a passé il y a quelques temps à l’Absurde Séance et parfois ce sont les distributeurs qui nous suggèrent des films ! Mais le secret ça reste le temps !

C : Après toutes ces années, une grande communauté nantaise (et plus!) s’est formée autour de l’Absurde Séance, est-ce ça met la pression de soutenir une structure comme l’Absurde Séance ? 

A : L’avantage c’est qu’on a un public assez franc du collier, il y a tout un noyau de gens qui viennent depuis des années et puis il y a des gens qui sont tout neuf. On découvre des nouvelles têtes tous les ans notamment avec les nouvelles promotions d’étudiants ! Donc les habitués nous donnent toujours leurs impressions à la fin du film ! Quand ils aiment un film ils nous demandent souvent ou est-ce qu’on a été chercher un film pareil et ça fait très plaisir !

C : Alors du coup où est-ce qu’on va chercher des pépites comme celles projetées à l’Absurde Séance ?

A : C’est du boulot, c’est des heures passées à s’éclater les yeux devant des écrans ! On fait des festivals, cette année on est allé au Festival de Cannes donc ça aide un peu. On suit aussi certains réalisateurs qui ont réalisé des films qu’on a passé il y a quelques temps à l’Absurde Séance et parfois ce sont les distributeurs qui nous suggèrent des films ! Mais le secret ça reste le temps !


C : Cette 10e édition est quand même marquée part de nombreux événements et de nombreux invité(e)s, à commencer par la venue de Brigitte Lahaie ! Qu’est-ce qui a motivé votre choix ?

A : Brigitte Lahaie  ça fait un moment qu’on est dessus pour essayer de la faire venir au festival (rires) ! Jean-Maurice (membre fondateur de l’Absurde Séance) est un peu fan de la dame donc il avait très envie qu’elle vienne ! Ça n’a pas été simple car elle a un emploi du temps assez chargé elle fait pleins de choses entre l’équitation, la radio c’est une dame très sollicitée et très appréciée malgré des années d’expériences ! Et d’ailleurs elle ne sera pas la seule femme invitée puisqu’il y aura également une James Bond Girl, Caroline Munro qui a également joué dans Starcrash : Le choc des étoiles(Luigi Cozzi – 1978) !

Starcrash : le choc des étoiles

C : C’est marrant que tu en parles parce qu’il m’a semblé que cette 10e édition était survolée par une aura féminine, l’affiche 2018 à un petit côté girly !

A : Il faut dire qu’on a un public qui apprécie le côté féminin et en plus on a un graphiste qui aime bien le rose ! 

C : Alors je ne pense pas me tromper, en qualifiant l’ASNIFF de festival ultra-diversifier dans les sujets abordés. Cette année on a du gore, des nichons, de l’intergalactique, des piercings, des bébés, des monstres, des zombies… C’est quoi le secret pour créer une programmation si diversifiée ?

A : Parfois on regarde un film, on aime beaucoup mais on le retient pas parce qu’on pense avant tout à notre public. C’est ce qui reste le plus important lorsqu’on choisit un film. On sent tout de suite si ils vont vouloir zapper ou si le film peut faire de l’effet en salle. Ce sont des projections avec un public qui montre vraiment sa réaction pendant la séance, c’est pas le genre de public à s’endormir devant son film, même à 4h du matin ils réagissent ! Lorsqu’on organise Les Nuits Fantastiques, parfois c’est un peu difficile de tenir mais il y a toujours des gens qui racontent des conneries et si ils voient une paire de seins sur l’écran ils se réveillent direct ! On pense également à tous les films de type « gore » car trouver des films vraiment gore en dehors de l’Absurde Séance c’est pas forcément évident. Donc on est là aussi pour leur montrer un peu de tripailles et d’effets spéciaux à l’ancienne. L’idée c’est de montrer des choses que l’on ne voit pas forcément ailleurs et de montrer des choses différentes. On aime le cinéma dans sa pluralité.

C : Parmi la programmation 2018, quel est le film qui te tient le plus à cœur ?

A : Je serai tenté de dire Perfect Skin(Kevin Chicken – 2018), un film anglais avec Richard Brake qui a joué dans Game of Thrones (Le Roi de la nuit pour les amateurs) et dans 31 de Rob Zombie que l’on avait passé à l’Absurde Séance il y a quelques temps. C’est un film qui parle de tatouages et ça tombe plutôt bien puisqu’il y aura la Foire Internationale du Tatouage en même temps que le festival (Parc des expositions de La Beaujoire du 5 au 7 octobre), donc nos spectateurs tatoués vont pouvoir s’en donner à cœur joie avec une indigestion d’encre ! Je n’en dis pas plus sur le film… J’aime aussi The Velocipastor (Brendan Steere – 2018) l’histoire d’un prêtre qui se transforme en dinosaure. Un film qui plaira aux amateurs d’effets spéciaux faits main avec du caoutchouc !

C : Et le plus drôle ?

A : Oh, le film de Luigi Cozzi : Starcrash : le choc des étoiles, un film drôle bien malgré lui avec des effets spéciaux de l’époque ! Le film date de 1978, ils ont essayé de faire un Star Wars avec un budget italien donc c’est moins évident ! Il y a quand même David Hasselhoff au casting, les amateurs apprécieront !

C : Le plus culte ?

A : C’est plutôt un film qui va être amené à l’être ! Je pense à Inuyashiki(Sinsuke Sato – 2018), le film parle d’un père de famille qui apprend qu’il a contracté un cancer et qui se retrouve bien malgré lui avec des supers-pouvoirs dont il ne sait pas quoi faire ! Connaissant notre public je pense qu’il va beaucoup plaire, j’ai assez bon espoir !

C : Le plus gore ?

A : Il y a moyen que ça soit Trauma (Lucio Rojas – 2018) qu’on a interdit au moins de 18 ans ! On est dans la torture psychologique et dans la violence physique donc ça devrait faire son petit effet !

C : Le plus inédit ?

A : Ils sont tous inédits mais celui que je choisirai c’est A Bluebird In My Heart de Jérémie Guez qu’on projette en avant-première lors de la séance d’ouverture (mardi 2 octobre à 20h30 au Katorza, en présence du réalisateur) ! Sinon que ce soit The Outlaws (Kang-Yoon-Sung), Perfect Skin (Kevin Chicken – 2018), The Velocipastor (Brendan Steere – 2018), Trauma(Lucio Rojas – 2018) ou les autres, on les fait tous venir de l’étranger à l’occasion du festival ! On ne les trouvera donc pas forcément dans d’autres salles en France sauf peut-être dans d’autres festivals !

C : De plus en plus de personnes s’intéressent et prêtent de l’attention à tous ces films en marges ! Toi qui t’intéresse et qui œuvre à la mise en avant de ce type de cinéma depuis longtemps, comment tu vis cet élan populaire ?

A : Je remarque avant tout que le public se féminise de plus en plus ! C’est sympa de se retrouver entre mecs pendant les projections mais voir des filles dans les salles c’est sympa aussi ! Le public devient de plus en plus varié, il se rajeunit, mais on voit aussi des personnes un peu plus âgés qui osent venir aux projections ! Faut oser franchir le pas !

 C : Alors quels conseils tu donnerais aux personnes qui n’osent pas venir aux projections de l’Absurde Séance ?

A : Il faut se rassurer et essayer, c’est le seul de moyen ! Il y a de la lumière, on n’est pas seul, en principe tout se passe bien, on en sort vivant et si on a un peu peur on peut éventuellement se frotter au voisin (rires) !

C : Quels films recommanderais-tu pour se lancer dans la découverte de ce fabuleux monde du nanar ?

A : Le plus simple c’est de commencer par aller sur le site de l’Absurde Séance où on a regroupé tout ce qu’on a projeté depuis le début ! On a de tout, à commencer par l’Attaque de la  Moussaka géante(Panos H. Koutras – 2000) un classique qui est pas mal pour débuter ! Et la liste du site peut donner une idée de l’envergure de ce qu’on a pu projeter au fil des années ! On ne passe pas que des nanars, on projette des films d’horizons très différents, que ce soit des nanars assumés ou non. Notre programmation mêle des classiques avec des films plus d’actualité comme The Room(Tommy Wiseau – 2003) qui est ressorti au printemps dernier en salle à l’occasion de la sortie de The Disaster Artist (James Franco – 2018) ! Je recommanderai bien des nanars philippins aussi, je pense notamment à la saga Weng-Weng qui a voulu surfer sur la mode des James Bond mais avec un acteur qui fait 1m à tout casser ! Les effets spéciaux sont faits main, on voit Weng-Weng faire de la mini-moto et même sauter en parachute avec un parapluie ! C’est l’avantage d’être petit et ça fait rêver !

C : Un mot pour finir ?

A : Rendez-vous du 2 au 7 octobre au Katorza !


Toute la programmation de l’ASNIFF est à découvrir sur le site du festival : www.absurdeseance.fr
Réservations et horaires sur le site du Katorza : www.katorza.fr
Suivez toute l’actu de l’Absurde Séance via Facebook : @absurde.seance

Ne tardez pas à prendre vos places, il n’y en aura pas pour tout le monde !

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