Nous finirons ensemble : ressortez vos petits mouchoirs

Il y a 9 ans, Guillaume Canet faisait le pari de réunir femme et amis à l’écran dans un métrage de 2h15 aux accents girondins qui hument bon l’huître et les forêts des Landes. Qui aurait cru qu’un film si commun sur le papier deviendrait un hit du cinéma français ? 5 millions d’entrées plus tard, Les Petits Mouchoirs se sont officiellement imposés parmi les incontournables des films français de la fin des années 2010. L’exercice de la suite est un défi aussi périlleux que tentant il était d’autant plus scabreux et acrobatique qu’il répondait à une forte demande du public. Au fil des années, l’attente devenait de plus en plus grande et donner une suite à ces petits mouchoirs devenait une nécessité. On crépitait d’envie de connaître la suite, de retrouver tous ces personnages, pieds dans l’eau et nez au vent, Guillaume Canet l’a fait et c’est une franche réussite !


Casser les codes

À peu de choses près, Nous finirons ensemble reprend les codes du 1er opus en proposant d’abord un 1er quart d’heure « fan service » très assumé (on ne pouvait pas éviter les fouines et les traces jaunes du tuyau d’arrosage sur la pelouse). Passer ce 1er quart d’heure fort en référence, ce second volet prend très vite son propre chemin en s’affranchissant totalement de son prédécesseur. Les sujets de fonds changent au fur et à mesure que nous découvrons ce que sont devenus les personnages. Et si ce second film s’intéresse en grande partie au personnage de Max (François Cluzet), aucun personnage n’est mis de coté, Canet excelle dans la répartition des rôles et dans la finesse d’écriture. Il suffit d’une phrase, d’une vanne, d’un coup de fil pour qu’on nous dévoile subtilement ce que sont devenus les personnages. Pas besoin d’une scène entière pour faire le bilan de la vie de chacun, c’est la vie et les relations du groupe qui priment sur l’individuel. En bout de course, Nous finirons ensemble apparaît comme un film très fourni, qui a (beaucoup) de choses à raconter, et c’est bien parce que son réalisateur avait des choses à dire que l’ensemble est réussit ! Nous finirons ensemble n’est clairement pas là pour badiner avec le vide, Canet offre bien plus qu’une suite uniquement destinée à remplir des salles en proposant un film creux.

Zone d’expérimentation

Pendant 2 heures, Canet continue d’explorer et d’interroger l’amitié et les relations humaines. Tous les personnages ont désormais passés la quarantaine, c’est l’occasion d’interroger l’évolution de l’amitié au fil des années : est-on fait pour être ami pendant 20 ans ? Après toutes ces années comment interagissons-nous les uns avec les autres? Canet instrumentalise ses personnages pour rendre compte du réel. Car on a tous un peu en commun avec Max, Marie, Antoine, Eric, Vincent ou Isabelle, et une fois de plus, le spectateur se retrouve lié au groupe comme si spectateurs et personnages se connaissaient depuis toujours. L’alchimie présente dans Les Petits Mouchoirs est encore plus présente dans Nous finirons ensemble et c’est parce que le spectateur tient une place de choix dans la narration que cela fonctionne aussi bien. On est témoin des engueulades des uns, des déboires des autres, on est l’œil observateur qui sait tout, voit tout, comprend tout.

– On voulait juste te faire une surprise pour ton anniversaire.
– Mais je ne veux pas fêter ce putain d’anniversaire! Merde !

Canet crée une véritable relation de confidence et de confiance entre ses personnages et son public, si bien qu’à la fin du film il nous resterait presque un goût de trop peu. On se plait à penser qu’un 3e opus verra peut-être le jour ! Interrogé à ce sujet à la fin de la projection, Guillaume Canet n’exclut pas cette option « peut-être, il faut que j’aie des choses à raconter, mais la perspective de voir Gilles Lellouche en couches Confiance me plait » ! Ceci étant dit, foncez voir Nous finirons ensemble, que les plus septiques se confondent, c‘est promis, vous verrez bien plus qu’un film de potes !

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