Moi, Maman, Ma mère et moi : 5 fois, on dit « M » !

Premier long-métrage de Christophe Le Masne, ce film au titre aussi follement curieux que gentiment égocentrique questionne autant sur la fratrie que sur l’adaptation à la vie adulte. Une introspection que se permet le réalisateur à travers des personnages qui font preuve d’une régression assumée. 


Tout commence d’un décès. Maman est morte il y a un mois et il faut assumer l’héritage. La maison familiale est délaissée et impossible de se mettre d’accord : la vendre ou la garder, le choix est cornélien. Benoît revient d’Angleterre spécialement pour retrouver sa fratrie afin de débarrasser la bâtisse des objets encombrants, de ces tas de souvenirs qui traînent dans la poussière des années.

Et faire le grand ménage de printemps sur l’enfance n’est jamais chose simple, il y a toujours des saletés enfouies qui réapparaissent à la surface…

Pour son premier long-métrage, Christophe Le Masne reprend ce Benoît malhabile, enfantin et attendrissant, qui est un peu son lui burlesque. « En effet, c’est un peu moi. Mais j’apprécie qu’il soit incarné par d’autres acteurs. Et pour Grégory, c’est évident. Je l’ai vu jouer deux secondes, j’ai vu les épisodes de Dix Pour cent et il est excellent dans la comédie, dans le tempo. Mais surtout, comme les vrais acteurs de comédies italiens ou Jack Lemmon, il a un peu de tragique en lui » confie sans concessions Christophe Le Masne.

Une évidence. C’est vrai que l’acteur a su parfaitement prendre le tempo de ce personnage, qui sous son air un peu simplet, est loin d’être facile à incarner. L’innocence est à l’adulte ce que le partage est à l’égocentrique : une douce ironie du paradoxe. Et ce paradoxe se cultive inconsciemment dans chaque famille, dans chaque individu qui revient dans son entourage.

 « Il y a un côté enfantin, la famille étant un endroit de la régression. Mais la famille, c’est un peu le lieu de la folie. Je pense que n’importe qui, arrivant dans un repas de famille et qui n’est pas habitué aux codes, dira : On est chez les fous ! »

Christophe Le Masne

« Moi, Maman, ma mère et moi » se permet une redondance dès son titre qui justifie aussi d’une intimité claire. Fait avec peu de moyens, il transforme justement sa faiblesse en un argument de force. Percuté par une tranquillité de tous les instants, Christophe Le Masne prend son temps, laisse tourner la caméra, et même s’il peut accuser un rythme parfois lent, donne à regarder les grandes thématiques de la famille et du passé avec réflexion. Teinté d’une tendresse presque trop personnelle, « Moi, Maman, ma mère et moi » s’affirme comme un témoignage bien plus profond que la comédie gentillette qu’il pourrait prétendre à être. 

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