Marianne : La série française qui sort du lot

Il y a des soirs où l’on ne sait plus quoi regarder sur Netflix. Soit parce qu’il y a trop de choix ou soit justement parce qu’il n’y a pas grand-chose que l’on ait pas déjà vu. C’est lors d’un soir comme celui-ci que j’ai décidé de donner sa chance à la série Marianne. Grande habituée de l’horreur et rarement surprise par de la nouveauté dans le genre,je n’avais pas de grandes attentes envers cette série française. Et pourtant, impossible de m’empêcher de la regarder intégralement en une nuit, tellement cette série est surprenante par sa qualité et haletante par son scénario. On doit le reconnaître, il aura été difficile de dormir ensuite…


De quoi traite cette série ?

Marianne, c’est l’histoire d’Emma Larsimon, une jeune écrivaine de livres d’horreur. Sa célébrité vient d’une saga d’horreur « Lizzie Lark » qu’elle écrit depuis plusieurs années. La série commence lors d’une convention qu’elle donne sur son dernier livre, qu’elle veut être le dernier de la saga. Le livre est apparemment jugé bâclé et sans réelle fin par ses lecteurs. Emma n’en a rien à faire et semble être une fille sûre d’elle, condescendante et blasée par son succès.

Cette façade va être bouleversée par l’arrivée de son amie d’enfance. Caroline, marquée par la vie, désespérée, lui supplie de venir voir sa mère, à Elden, le village où elles vivaient pendant leur jeunesse. Cette dernière semble être possédée par le personnage démoniaque de son livre : Marianne. On comprend alors qu’il s’est passé des choses à Elden, pendant leur jeunesse, et qu’Emma essaie de les nier. Des choses graves et paranormales liées à ce qu’elle écrit dans ses livres.

Emma décide sans réelles convictions d’aller à Elden avec son assistante Camille. Là, des vieilles connaissances vont refaire surface. Ses parents, la mère de Caroline, ses amis d’époque, les gens du village, etc. Une ambiance étrange et des faits inquiétants vont finalement pousser Emma à croire que ce qu’elle écrit dans ses livres a des effets sur la vie de ce village.

Et si Marianne n’était pas seulement une invention de son esprit mais un vieux souvenir ?

Une réalisation esthétique et originale qui marche

Influencés par les pionniers du genre (L’Exorciste et Shinning dans l’écriture et par James Wan dans la réalisation), Samuel Bodin et Quoc Dang Tran nous signent ici un scénario et une réalisation spectaculaires. On apprécie l’ambiance et les scènes horrifiques qui, en plus d’être bien amenées, sont très visuelles et glacent le sang. Objectif réussi : l’ambiance est angoissante à souhait, la réalisation, le montage et la postproduction sont au rendez-vous pour une expérience sublime.

Hormis l’horreur, les plans sont très beaux, la colorimétrie est magnifique et fait penser aux récentes séries britanniques du style de Broadchurch, avec la froideur des couleurs de la Grande Bretagne. Une bonne utilisation des ralentis doublée d’une vraie qualité d’image donnent un résultat original et bien fait. Une esthétique que l’on n’a pas l’habitude de voir partout, et on adore quand les réalisateurs tentent des choses différentes. Ici le pari est gagné !

Côté réalisation, Samuel Bodin joue avec les codes de l’horreur et aime nous faire mariner. On attend souvent un jump scare, la tension monte car le ton est donné et… rien. L’inverse se produit aussi ! Les habitués de l’horreur pourront donc encore être surpris et vraiment terrifiés avec Marianne !

Des personnages bien écrits et des acteurs pour les magnifier…

Mireille Herbstmeyer incarne dans la série un double personnage, car elle joue la mère de Caroline possédée par Marianne. C’est donc elle l’interprète principale, et elle qui nous l’introduit dans la série. Elle joue ce personnage avec un talent sans nom. Chacune de ses scènes sont splendides et justes, à donner des frissons. Beaucoup de sensations ne passent que par la voix rauque de l’actrice, son sourire glaçant et son regard presque vide. A glacer le sang !

On salut aussi Alban Lenoir qui est un habitué des plateaux de Samuel Bodin (The Lazy Company, Tank). Ici on le retrouve dans un rôle décalé, qui donne de la fraîcheur, du peps et de l’humour à la série. Il y incarne un détective un peu bancale, fan d’Emma Larsimon, qui accepte d’enquêter pour elle sur les faits bizarres du village en échange d’une dédicace personnelle.

Enfin, mention spéciale à Victoire Dubois (Call me by your name) et à Lucie Boujenah (Soda). Elles forment à elles deux un duo très contrasté qui fonctionne très bien à l’écran. Ainsi qu’à Tiphaine Daviot (Hippocrate)qui est parfaite dans son rôle !

Le bilan

Dans un paysage audiovisuel comme celui de la France, où la qualité de nos séries ne font en général pas l’unanimité ni le tour du monde, Marianne réussi le tour de force de faire les deux, et c’est mérité ! Un scénario abouti, un casting peu connu du grand public et que l’on a plaisir à découvrir ici, une réalisation réfléchie qui sert du début à la fin les intentions de la série, … Merci Samuel Bodin et Quoc Dang Tran de dépoussiérer les productions françaises sur Netflix de la plus belle des manières !


« Si vous êtes l’un de ces malades -dont je fais partie- qui aiment être effrayés, alors Marianne (Netflix) est fait pour vous. Il y a dans la série des pointes d’humour qui lui donnent une ambiance à la Stranger Things. Il y a également (je dis ça en toute modestie) une ambiance à la Stephen King. »

STEPHEN KING à propos de la série Marianne

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