Invisible Man, Blum House project..

2020 débute sur les chapeaux de roues pour Blumhouse. Le studio de production vient à peine de sortir Nightmare Island qu’il enchaine avec Invisible Man. Pourtant, les deux films ne répondent pas à la même ambition.
Le premier tentait manifestement d’offrir le séjour le plus pénible pour quiconque à des yeux, une ouïe et un cerveau en état de marche (même partielle).
Là où le deuxième doit redonner son aura à l’un des personnages de science-fiction les plus iconiques. Puis relancer le Dark Universe des studios Universal après le départ calamiteux initié avec La Momie en 2017. Blumhouse était le candidat parfait pour s’y coller. Tricoter des thrillers avec trois fois rien, Jason Blum connait ça par cœur (Paranormal ActivityInsidiousAmerican Nightmare). Le ressors du film – faire de l’homme invisible l’antagoniste – colle parfaitement au mojo économique en vigueur chez Blum.
Invisible Man surprend néanmoins par son efficacité. Le budget est peut-être restreint, il n’empêche que le réalisateur Leigh Whannell (Insidious 3Upgrade) ne semble pas décidé à jouer la sécurité. Il donne le la d’entrée de jeu. Plans d’ensembles ou rapprochés, souvent fixes. Une sensation d’oppression indéniable, renforcés par les silences pesants, qui annonce le danger. Lequel ne manquera pas de pointer le bout de son nez (invisible). Et à ce moment-là, le film se sert à merveille des compositions de Benjamin Wallfisch (très généreuses dans les basses).
La première heure cloître Cecilia (et le spectateur) dans un pur thriller domestique, dosant parfaitement les rebondissements avec une ambigüité savamment entretenue sur l’état psychologique de l’héroïne (Elizabeth Moss, impeccable). Le plaisir de jouer avec les conventions permet au film d’offrir plusieurs scènes implacables. L’Homme Invisible retrouve une sacrée présence…avant de se révéler finalement transparent. Un comble ! De manière incompréhensible, Invisible Man glisse vers le slasher creux dans sa deuxième partie. Les ficelles deviennent grosses, très grosses, et entament durablement la crédibilité de l’ensemble. Le changement de voie évoque surtout la sortie de route, à en juger par les facilités assez loufoques qui effacent les bonnes décisions prises durant la première partie.
Le final semble retrouver un peu d’ambivalence mais c’est un peu tard pour le film. Troquer l’atmosphère et la retenue pour l’action et le sang n’est pas sans conséquences. Invisible Man en paye le prix fort.

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