Festival Univerciné Britannique 2019 : zoom sur deux oeuvres

Le festival britannique vient de toucher à sa fin. Comme chaque année, beaucoup de beaux films, de beaux courts-métrages et de beaux documentaires. Difficile de choisir parmi tout cela, mais nous avons eu envie de faire un retour sur deux films marquants de la sélection. Au programme : un documentaire magnifique sur la solidarité de Glasgow envers les Chiliens pendant la dictature de Pinochet, et une comédie horrifique à l’humour absurde et décapant.

Nae Pasaran, Felipe Bustos Sieras

Nae Pasaran est un film documentaire réalisé par Felipe Bustos Sieras. Fils d’expatrié chilien, il est à la recherche de la vérité sur la légende de ces fameux Écossais qui auraient été solidaires envers les Chiliens lors de la dictature de Pinochet en 1974.

Quatre ouvriers écossais de l’usine Rolls Royce, Bob Fulton, John Keenan, Stuart Barri et Robert Somerville, refusent de procéder à l’entretien des moteurs des avions britanniques ayant bombardé le palais présidentiel lors du coup d’État mené par Pinochet. S’ensuit ensuite un véritable boycot de l’usine. Les écossais réalisent alors l’impact de leurs gestes sur le peuple chilien, et finissent par recevoir les honneurs du pays. Ce film est plus qu’un documentaire. Felipe Bustos Sieras fait un travail à la fois de mémoire et d’histoire. Cette histoire, qui n’avait jamais été racontée et mise à l’écran avant lui, recréé un lien entre l’histoire chilienne et l’histoire écossaise à l’aide des souvenirs des protagonistes et devient un vrai pont entre les deux pays. Ce que le réalisateur met au grand jour, c’est une histoire magnifique de solidarité, qui devrait tous nous inspirer encore aujourd’hui.

Un film magnifique et extrêmement émouvant, qui nous (re)donne foi en l’humanité à une époque où l’on en a bien besoin. Et pour ceux qui ne peuvent pas se rendre au cinéma, on vous met ici le court métrage du même nom qui a précédé le documentaire, et qui vous donnera un léger aperçu du chef-d’oeuvre qu’est le travail de Felipe Bustos Sieras.

Court métrage à l’origine du Long métrage

Extra Ordinary, Mike Ahern et Enda Loughman

Film en compétition lors du festival, Extra Ordinary est une comédie horrifique belgo-irlandaise. Il baigne dans un humour Monty Pythonesque et absurde. Exactement le genre de film que l’on espère voire à un moment lors d’un festival de cinéma britannique ! Les limites de l’absurde sont poussées, voire dépassées, sans que jamais cela ne devienne ridicule. Un talent propre à nos compatriotes britanniques qui, ici, fonctionne très bien.

C’est l’histoire d’une femme, Rose, monitrice d’auto-école et qui a aussi entre autres talent de pouvoir rentrer en contact avec les fantômes. Non loin vit Martin, avec sa fille adolescente et sa femme… morte. Celle-ci continue de le hanter, jusqu’à le maltraiter en lui envoyant des portes dans la figure et en l’empêchant de manger des donuts. Sa fille, excédée, suggère à son père de contacter Rose pour leur venir en aide. Au même moment, un chanteur has been à la carrière réduite à une chanson à succès, s’apprête à sacrifier une vierge pour Satan, dans l’espoir fou de retrouver du succès. Évidemment, il ne choisit personne d’autre que la fille de Martin. S’ensuit alors une histoire Extra Ordinary !

C’est un film vraiment réussi que nous avons là. Mise en scène drôle et efficace, décor somptueux et surtout acteurs et actrices talentueux : la recette est là. Ce fut un réel plaisir de revoir le superbe Barry Ward qui avait connu le succès dans Jimmy’s hall de Ken Loach, mais que l’on n’avait pas revu au cinéma depuis. L’humour est absurde et les personnages, hauts en couleur. Si vous aimez le genre de film à la « Shaun of the dead », celui-ci va vous régaler !

Encore une belle année pour le cycle britannique Univerciné ! Et on vous retrouve avec joie pour le cycle russe, du 4 au 10 février 2020

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