90’s de Jonah Hill

Ce qui peut faire pour moi un bon film, c’est qu’il reste en mémoire (même si j’oublie toujours les noms des personnages), qu’on puisse en revoir des images sur son écran intérieur, et qu’on ait envie de le défendre face aux avis plus mitigés voire désobligeants.
C’est le cas pour cet « Été 95 », qui partage avec « 20th century women » l’adolescence, le skateboard et la bande son (mais pourquoi s’extasier systématiquement dès qu’il y a du bon rock/rap dans une BO ? j’ai une petite idée que je garde pour moi…).
Et qui n’est pas un film sur l’adolescence ni sur le skateboard.
Enfin, si, car on voit énormément d’ados sur des skates.
Mais rien ne laisse à la rue ceux qui n’ont pas la nostalgie de leur jeunesse et / ou n’ont jamais tenu en équilibre sur un objet à roulettes en mouvement.
Il faut bien un décor pour cette tranche de vie.

Il peut être reproché l’absence de véritable histoire : pas de suspense, de tragédie attendue, de quête spectaculaire ni d’enjeu, à part celui du dépassement de soi, du passage de la solitude à l’acceptation des autres, avec les rites que cela implique quand on a l’âge de sa bar mitzvah (ici plutôt fumer, boire et draguer – et faire du skate – comme les grands).
Un âge où on veut exister (j’ai repensé à un certain Léo Pol qui, en hiver, mettait sa tête sous l’eau glacée pour se sentir vivant), s’affirmer en tant qu’individu, même si on cherche encore qui on est en tentant d’imiter ces autres, et pas seulement dans le regard d’une mère qui galère, d’un frère au comportement troublé, mais de gars plus vieux ; une petite bande bien mélangée au niveau des origines à laquelle Stevie a si vite envie d’appartenir qu’il va beaucoup risquer et toujours encaisser. Il m’a longtemps agacée, ce gamin, mais à chaque fois qu’il souriait, j’ai fondu devant sa bouille.
Pas de personnages extrêmes, pas de critique sociale ni de vision très large, juste un album-souvenir de gens normaux, d’Américains moyens et attachants qui essayent de s’en sortir, à la psychologie très crédible car sans caricature ni poncifs.
Je me suis sentie touchée malgré moi, pour des raisons profondes (certainement !) que je ne m’explique pas vraiment. Et la fin est un vrai bonheur, que je qualifierais de « feel good » si j’employais cette expression…

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