5 bonnes raisons de ne pas aller voir Marie Stuart : Reine d’Écosse

Marie Stuart est la reine la plus emblématique d’Écosse. Son incroyable et dramatique destin a fait l’objet de nombreuses adaptations artistiques en littérature, au théâtre et au cinéma. Ce ne sont pas moins de sept films et une série télévisée (Reign de Adelaide Kane) qui ont tenté de relater la vie de Marie Stuart ! Marie Stuart : Reine d’Écosse, réalisé par Josie Rourke et à l’affiche de nos cinémas français depuis mercredi 27 février 2019, n’est qu’un film de plus sur le sujet… eh oui, Cinérama n’a pas été convaincu cette fois-ci et c’est pourquoi nous vous donnons 5 bonnes raisons de ne pas voir le voir.


1. Des longueurs à n’en plus finir

D’une durée d’environ deux heures, le film traîne en longueur pendant la première moitié du film avec un scénario lent qui tarde à s’installer et à se développer. Celui-ci est riche en maladresses. On sent dès les premières minutes les nombreuses hésitations de la réalisatrice via une installation fragile des thèmes et différentes ficelles du scénario. On remet même en question l’utilité de certaines scènes qui auraient pu être supprimées, faute de faire avancer le synopsis (exemple : la scène d’ouverture). Il  faudra attendre pas moins de la moitié du film pour que les personnages gagnent en force et que leur personnalité et leur rôle respectifs s’affirment davantage ! L’absence de finesse scénaristique ne permet pas d’instaurer un fil conducteur qui tient le spectateur en haleine ou qui attise sa curiosité.

Bref, on s’accroche et on patiente pour atteindre la fin.

2. Un effet d’amateurisme scénaristique

En plus de provoquer des longueurs, les hésitations de la réalisatrice sont source de déséquilibres qui desservent le film. En effet, le début du film instaure un jeu de miroir entre Marie Stuart (Saoirse Ronan), reine d’Écosse et prétendante légitime au trône d’Angleterre et Elizabeth I (Margot Robbie), reine d’Angleterre et fille illégitime de Henri VIII. La comparaison légitime entre les deux reines disparaît tout à coup avant de réapparaître de manière précipitée à la fin du film.

Cette inconstance est perturbante pour le spectateur qui ne comprend plus l’intention du film. Sur quelle partie biographique de Marie Stuart veut-on accentuer ici : le côté féminin et passionnel de la reine, les problématiques politiques ou bien celles religieuses ? Le choix n’est clairement pas fait ici et c’est le fouillis. Rien n’est clairement exploité dans le scénario ; d’où l’effet de « survol biographique » que l’on ressent au générique de fin.

De plus, la temporalité laisse à désirer : Marie Stuart ne vieillit pas physiquement alors que le film couvre une période de plus de 20 ans ! Était-il difficile de maquiller Saoirse Ronan pour donner quelques rides à la Reine d’Écosse ? Au regard de ces négligences, estimons-nous heureux que James, le fils de Marie Stuart, et Elizabeth I soient des personnages qui, eux, grandissent et vieillissent à l’écran…

3. Modulations historiques : prises de position de la réalisatrice

Toujours sur cette temporalité : est-elle vraiment respectée ? Là où Josie Rourke réalise un film fidèle à l’Histoire, elle change aussi certains faits sans que cela apporte un plus au scénario. Notamment le retour de Lord Darnley (Jack Lowden) en Écosse après un exil de plusieurs années en Angleterre. Dans le film, le futur deuxième époux de Marie Stuart retourne en Écosse après le retour de France de la reine – où elle a été élevée – alors que l’Histoire raconte qu’il était revenu au pays avant le retour de la reine. Pourquoi ce changement s’il n’y a aucun plus à le faire ?

Le plus dérangeant reste surtout la construction des personnages de Marie Stuart et Elizabeth I. Si la première était effectivement une femme belle et soumise à ses passions, elle n’avait que peu de compétences en tant que souveraine. Victime de son destin, la vraie Marie Stuart se faisait aisément manipuler et était responsable de plusieurs échecs politiques qui l’ont mené à une abdication forcée. Elizabeth I était quant à elle une femme forte et une reine des plus compétentes. Or, le film semble oublier les traits de personnalités pourtant incontournables de ses deux personnages historiques : Marie Stuart est peinte en femme forte quand Elizabeth I n’est montrée que sous un visage fragile. De plus, bien que les deux souveraines correspondaient, elles ne se sont jamais rencontrées de leur vivant… ce qui là encore, est totalement différent dans le film.

4. Une fin bâclée

Marie Stuart est surtout connue pour l’histoire de sa mort. Enfermée pendant de nombreuses années en Angleterre par sa cousine Elizabeth I, elle sera finalement condamnée à mort par cette dernière et érigée au rang de martyre.

Là encore, la temporalité du film laisse à désirer et les années d’emprisonnement sont réduites à néant, sans annonce. Le « basculement » de Marie Stuart en martyre catholique se résume tristement à une seule phrase prononcée par un inconnu… Ce qui nous laisse un goût amer de digestion trop rapide.

Bref, la fin transpire le manque de temps et le bouclage préssé.

5. Parce que Cinérama ne recommande pas 

Ceci pour terminer sur une note humoristique et légère. L’endroit idéal pour rappeler toutefois l’adage « Chacun ses goûts, chacun ses couleurs. » et préciser ainsi qu’il est tout à fait possible pour vous, lectrices et lecteurs, d’apprécier ce film.


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